Vapotage : l'ANSES précise les risques et le cadre d'utilisation
Dans un rapport d’expertise publié le 4 février, l’Anses évalue les risques associés au vapotage. Mettant en avant des risques possibles à moyen et long termes, notamment sur le plan cardiovasculaire, l’Anses recommande de ne pas inciter les non-fumeurs et les jeunes au vapotage.
Dans un rapport d’expertise publié le 4 février, l’Anses évalue les risques associés au vapotage. Mettant en avant des risques possibles à moyen et long termes, notamment sur le plan cardiovasculaire, l’Anses recommande de ne pas inciter les non-fumeurs et les jeunes au vapotage. En revanche, face aux risques avérés et documentés du tabac fumé, l’agence considère le vapotage comme un outil transitoire dans une démarche de sevrage tabagique. Addictions France souligne la qualité du travail de l’ANSES qui permet une pratique de réduction des risques et des dommages pour les fumeurs, et doit se traduire par un meilleur encadrement de pratiques commerciales défavorables à la santé.
Dans son rapport, l’Anses rappelle les chiffres en constante augmentation du vapotage en France :
- L’utilisation de la cigarette électronique concernait, en 2023, 8,3 % des 18-75 ans avec 6% des adultes vapotant tous les jours (soit plus de 3 millions de personnes).
- Parmi les utilisateurs adultes, 61 % fument aussi des cigarettes traditionnelles.
- 98 % des vapoteurs sont soit fumeurs actuels, soit anciens fumeurs.
Les experts de l’Anses soulignent que la gravité des effets associés au vapotage est inférieure à celle du tabac, pour lequel les risques cardiovasculaires, respiratoires et cancérogènes sont fermement établis depuis longtemps. Pour le vapotage, l’analyse des études disponibles montre que le vapotage est associé à des effets sanitaires possibles à moyen et long termes, même si la distinction entre les effets spécifiques du vapotage et ceux du tabac fumé est complexe à étudier. Ils notent ainsi :
- la survenue probable d’effets cardiovasculaires, telle que l’augmentation de la pression artérielle, lorsque les produits contiennent de la nicotine ;
- la survenue possible d’effets sur les voies respiratoires, le système cardiovasculaire et la cancérogenèse, avec ou sans nicotine ;
- la survenue possible d’effets sur le développement cardiovasculaire et respiratoire du fœtus exposé in utero, avec ou sans nicotine.
Cette expertise confirme la pertinence de la position d’Addictions France qui considère la cigarette électronique comme un outil de réduction des risques et des dommages, sans pour autant favoriser une banalisation ou perception erronée d’innocuité. En revanche, auprès des non-fumeurs, a fortiori, des adolescents, la vape ne doit en aucun cas être encouragée au prétexte qu’elle serait moins dangereuse que le tabac fumé.
Cette restriction de l’usage pour les non-fumeurs doit être impérativement prise en compte pour contrer les stratégies commerciales de l’industrie du tabac et de la nicotine, qui promeut le vapotage comme une pratique inoffensive chez les jeunes et les non-fumeurs afin de créer une clientèle de consommateurs dépendant a ses produits.
L’avis de l’ANSES doit conduire, pour des raisons de santé publique, non seulement à réserver l’usage du vapotage au fumeurs souhaitant s’arrêter, mais aussi à interdire les packaging et arômes attractifs pour les jeunes et à réexaminer les circuits de distribution et de promotion. Le packaging neutre est à privilégier sur le modèle du paquet neutre des cigarettes. Une information actualisée sur la base de ce rapport est nécessaire, avec un avertissement spécifique pour les femmes enceintes.