L’alcool est la substance psychoactive la plus consommée en France. Il constitue la deuxième cause de cancer évitable, la première cause d’hospitalisation en France et représente 102 milliards d’euros en coût social.
Outre les conséquences sur la santé et sur la route, la consommation d’alcool est également impliquée dans les affaires de violences (familiales, sexuelles, etc.).
Chiffres-clés :
- 102 millaires d’euros de coût social
- 8% de consommateurs
- 22% de consommateurs excessifs
Comme le soulignent les rapports de la Cour des comptes de 2016, 2021 et 2025, les politiques actuelles de lutte contre les risques et les dommages liés à la consommation d’alcool peinent à bénéficier d’une impulsion aussi forte que celles qui concernent le tabac. En effet, malgré les enjeux sanitaires et de sécurité publique, le poids économique du secteur de la filière alcool en France amoindrissent les efforts.
Les travaux de tous les experts et des autorités sanitaires internationales convergent sur les mesures à prendre, notamment pour faciliter un changement des comportements.
Nos propositions
Addictions France défend une politique nationale sur l’alcool cohérente et efficace et plaide pour l’application des mesures prônées par l’OMS via un plan national de réduction du risque alcool cohérent, alliant prévention, ciblage des publics précaires et démarches « d’aller vers » :
- Information et sensibilisation : mener de réelles campagnes de prévention, soutenues par le gouvernement, étiqueter les boissons de manière transparente et précise
- Prix de l’alcool : opter pour le prix minimal par unité d’alcool, harmoniser la fiscalité sur les boissons alcooliques, adapter les taxes sur les boissons alcooliques en fonction de l’inflation, renforcer les taxes sur les bières sucrées et les bières fortes
- Contrôle des communications : faire réellement respecter la loi Evin et interdire la publicité pour l’alcool en ligne (voir notre rapport MAPLE), intaurer un périmètre protégé autour des écoles, interdire aux alcooliers de porter des campagnes de “prévention”
- Développement de la recherche sur l’alcool : contre les pratiques de lobbying des alcooliers visant à faire croire à de potentiels effets bénéfiques de la consommation d’alcool sur la santé
- Accessibilité : faire réellement appliquer et respecter l’interdiction de vente d’alcool aux mineurs (voir notre rapport)
Le "French Paradox" n'existe pas
Le lobby du vin a financé des études faussées pour promouvoir la consommation de vin. Ces études ont voulu démontrer que la consommation de vin protégerait des maladies cardiovasculaires. C’est le mythe du French paradox, ou paradoxe français. Malgré les données scientifiques, cette légende continue d’être entretenue par les représentants du vin. Les restes de ce discours perdurent notamment dans des formulations utilisées et approuvées par les pouvoirs publics, telles que la mention « À consommer avec modération« ou « La consommation excessive d’alcool est dangereuse« . La science a pourtant montré que toute consommation d’alcool comporte un risque. L‘Institut National du Cancer montre par exemple qu’une consommation de moins d’un verre d’alcool par jour augmente les risques de cancer du sein. Les pouvoirs publics doivent mettre fin à ces croyances pour limiter les risques, les dommages et les coûts liés à l’alcool. Les scientifiques et les acteurs de santé ont besoin de ce soutien public.
Les ressources sur le même sujet
- Adolescence et substances psychoactives en 2024 : de nouvelles consommations plus accessibles ? – Association Addictions France (février 2026)
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