Quelles propositions portons-nous sur la scène politique et institutionnelle ?

Addictions France, forte de son expertise et de son histoire, propose des arguments et des mesures pour orienter les politiques publiques en faveur de l’intérêt commun, de la prévention et de la santé des populations. Elle agit auprès des décideurs afin :  

  • de concevoir des politiques protectrices ;  
  • d’améliorer l’accompagnement des personnes ;  
  • d’assurer l’accès à la santé pour toutes et tous.   

Le plaidoyer d’Addictions France se décline en thématiques prioritaires, déterminées notamment en fonction du coût social et de la prévalence de certaines pratiques addictives. Le coût social d’un produit permet de chiffrer les conséquences de son usage à court et long terme pour la société (sur la santé, l’activité économique, la saturation des hôpitaux, les violences intrafamiliales ou routières…).  

Le coût social des drogues (licites et illicites) pour la société française est ainsi considérable :   

  • 156 milliards d’euros par an pour le tabac ; 
  • 102 milliards d’euros par an pour l’alcool ; 
  • 7,7 milliards d’euros par an pour les drogues illicites.  

D’autres pratiques addictives, notamment comportementales, connaissent un essor important, profitant du manque de régulation des autorités :  

  • les jeux d’argent et de hasard, et plus précisément les paris sportifs (coût social estimé à 15,5 milliards d’euros par an) ;  
  • les réseaux sociaux, dont les algorithmes addictogènes enferment les usagers dans un scroll infini, néfaste pour la santé mentale comme physique.  

Ces chiffres, à eux seuls, justifient la mise en œuvre de politiques publiques prioritaires et réfléchies sur les addictions.  

Nos principaux axes de plaidoyer

En 4 axes, 10 mesures et 20 actions concrètes, Addictions France formule des propositions à destination des élus et des décideurs publics pour favoriser des politiques pragmatiques et transversales sur les addictions, dont le coût social s’élève à 250 milliards d’euros.

Tabac

Si les décideurs publics se sont davantage engagés sur la question du tabac au cours des dernières années, ce produit reste extrêmement consommé en France, en particulier chez les personnes aux revenus modestes : plus le revenu est élevé, plus la prévalence du tabagisme quotidien est faible. L’industrie du tabac cible un nouveau public jeune avec ses « nouveaux produits », usant d’un marketing sournois et d’une fausse promesse de responsabilité, galvaudant ainsi le principe de la réduction des risques et des dommages, si importante en addictologie. Addictions France se positionne régulièrement pour dénoncer ces pratiques de lobbying.  

Cannabis

La France est le pays le plus consommateur de cannabis en Europe, malgré une politique des plus répressives (et inefficaces) : si ce produit est moins addictif que d’autres substances psychoactives comme le tabac, il peut avoir des effets graves à court ou long terme. Le système de prohibition, en plus d’être contre-productif, isole les personnes souffrant d’addiction au cannabis et empêche le déploiement de campagnes de prévention ciblées. Afin de réellement protéger les citoyens, Addictions France se positionne pour la légalisation encadrée et progressive du cannabis.  

Alcool

L’alcool est la substance psychoactive la plus consommée en France, constituant la deuxième cause de cancer évitable et la première cause d’hospitalisation du pays. Pourtant, les décideurs publics ne se montrent pas vraiment proactifs pour garantir le déploiement de réelles politiques sanitaires en la matière. Le lobby de l’alcool, lui, ne manque pas une occasion pour jouer avec les limites de la loi Evin, promouvoir ses boissons sur les réseaux sociaux préférés des mineurs et tenter de déréglementer la vente de produits pourtant reconnus comme dangereux pour la santé. Addictions France propose plusieurs pistes d’action pour y remédier.   

Autres substances illicites

Le marché des produits illicites est florissant pour les trafiquants, qui profitent du refus des décideurs de débattre sereinement d’un cadre législatif adapté et réellement efficace sur le plan sanitaireToutes les études le montrent : la prohibition ne fonctionne pas, aussi bien sur le plan sanitaire que sécuritaire, enrichissant le crime organisé au prix de la santé, de la tranquillité publique et de la cohésion sociale. Suivant le principe de la réduction des risques et des dommages, Addictions France souhaite ainsi voir évoluer la loi de 1970 sur l’usage des drogues tout en maintenant une lutte contre les gros trafiquants 

Jeux d'argent et de hard et paris sportifs

L’addiction « sans substance » la plus fréquente parmi les adultes est celle des jeux d’argent et de hasard, principalement chez les hommes. Derrière les gains mis en avant se cache une industrieprédatrice dont le modèle économique repose sur les pertes des joueurs dépendants. Addictions France a été pionnière sur la question en menant des enquêtes sur le marketing agressif des paris sportifs, en plein essor depuis les années 2010, concluant notamment à la nécessité de créer une « loi Evin » visant spécifiquement ces opérateurs de jeux.  

Réseaux sociaux et grandes plateformes

La question de la régulation des réseaux sociaux s’impose de plus en plus à l’agenda médiatique et politique, mobilisé par les alertes croissantes des sphères scientifiques et parentales. Les géants du web et les détenteurs des plateformes ont en effet profité d’un cadre dérégulé pour prendre une place considérable dans la vie quotidienne de tous : enfants, adolescentsadultes. Loin d’être un simple problème « d’éducation », les pratiques nocives liées aux réseaux sociaux sont avant tout le fruit de stratégies techniques déployées via des algorithmes addictogènes.  

Plaidoyer Alcool

Plaidoyer Tabac

Plaidoyer Cannabis

Plaidoyer Autres substances illicites