Le tabac demeure la première cause de mortalité évitable en France, responsable de plus de 75 000 décès chaque année, soit plus d’un décès sur neuf. Ses effets sur la santé sont particulièrement dévastateurs chez les adultes d’âge moyen : un tiers des décès masculins entre 35 et 69 ans lui sont attribués, contre un sur seize chez les femmes.
Face à ces constats alarmants, les pouvoirs publics ont renforcé la lutte contre le tabagisme à travers des mesures ambitieuses :
- paquet neutre,
- hausse progressive des prix
- et campagnes de prévention.
Cependant l’émergence de nouveaux produits promus par l’industrie du tabac, le manque de contrôle dans les points de vente et d’autres défis persistants appellent à une vigilance accrue.
La consommation de tabac reste particulièrement marquée pour les inégalités sociales qu’elle implique : plus le revenu est élevé, plus la prévalence du tabagisme quotidien est faible. Parmi les personnes aux revenus les plus bas, 32% fument, alors que ce chiffre baisse à 17,0% pour les personnes aux revenus les plus élevés. Ce constat impose d’amplifier les actions auprès des populations les plus défavorisées, notamment en rendant accessibles les outils de sevrage.
Malgré une baisse de la consommation quotidienne de tabac, la France se situe à un niveau très élevé de prévalence du tabagisme par rapport à ses voisins de l’Union Européenne. L’écart se manifeste dès l’adolescence : les jeunes Français comptent proportionnellement plus de fumeurs que dans les autres pays de l’UE.
En parallèle, le vapotage s’impose de plus en plus dans les stratégies marketing des industriels du tabac, qui emploient l’argument de la “prévention” et galvaudent par là le principe de la réduction des risques et des dommages : ces pratiques de lobbying servent avant tout un discours mercantiliste, visant à moderniser l’image de la filière. Cependant, ces produits restent fortement addictifs, facilement accessibles et très attractifs à travers un marketing ciblant particulièrement les jeunes.
Derrière cette façade d’innovation, l’objectif principal demeure la conquête et la fidélisation de nouveaux consommateurs, au mépris des enjeux de santé publique.
Les “cigarettes électroniques” peuvent néanmoins servir d’outils de sevrage lorsque leur emploi est encadré et accompagné par des professionnels de santé.
Nos propositions
Addictions France plaide pour :
- Amplifier le plan national de réduction du tabagisme
- Augmenter le prix du paquet de cigarettes par paliers significatifs, d’au moins 10%.
- Assurer un consensus autour de la cigarette électronique : un outil de sevrage, pas une entrée dans le tabagisme
- Encadrer le marketing de la cigarette électronique : paquet neutre, limites des arômes
- Harmoniser les prix à l’échelle européenne pour lutter contre les achats transfrontaliers.
- Soutenir les opérations de mobilisation sociales de type « Mois sans tabac ».
- Renforcer la vigilance face au marketing des nouveaux produits du tabac, notamment en ligne.
- Faire réellement respecter la l’interdiction de vente aux mineurs.
Le vapotage comme outil de sevrage
Improprement appelé cigarette électronique, le vapotage s’est considérablement développé ces dernières années. Si son intérêt est discuté, le vapotage constitue bien souvent une aide à l’arrêt du tabac. Compte tenu de la balance bénéfices-risques, il convient de le considérer comme un outil utilisable dans un objectif d’arrêt complet du tabac, sans occulter les intérêts commerciaux, en partie repris par l’industrie du tabac. Le vapotage à visée récréative en revanche doit être proscrit.
Les ressources sur le même sujet
Dans la collection Décryptages :
Les articles sur la thématique :
- Adolescence et substances psychoactives en 2024 : de nouvelles consommations plus accessibles ? – Association Addictions France (février 2026)
- Vapotage : l’ANSES précise les risques et le cadre d’utilisation – Association Addictions France (février 2026)
Pour en savoir plus
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