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C’est quoi le whistle to whistle ban ? 

Le whistle to whistle ban (littéralement « interdiction du sifflet au sifflet ») a pour objectif de réduire l’exposition publicitaire à la publicité pour les paris sportifs. Ainsi, la mesure interdit la diffusion de ces publicités à la télévision pendant les compétitions sportives quelques minutes avant, pendant la rencontre et quelques minutes après le coup de sifflet final.  

Les compétitions sportives, en tant qu’événements fédérateurs, rassemblent une grande variété de personnes, y compris des publics vulnérables comme les mineurs. Ainsi, des enfants, parfois très jeunes, dès lors qu’ils s’intéressent aux compétitions sportives, se voient exposés à des publicités qui, sur d’autres canaux, leur seraient interdites. Même si une part importante du marketing des paris sportifs passe aujourd’hui par les réseaux sociaux, les enfants de moins de 10 ans n’y sont par exemple pas exposés.    

Pendant la Coupe du monde 2026, selon les observations d’Addictions France, un enfant de 10 ans qui a regardé les trois matchs de la France dans la phase de groupes a été exposé à 21 publicités pour les paris sportifs sur la chaine M61. Et ce, sans compter le parrainage de l’émission précédente, du match lui-même et de l’émission subséquente. Or, en matière d’addiction, il est clairement établi que, plus un individu est exposé aux incitations à jouer, plus il devient réceptif aux publicités et plus sa pratique des paris s’intensifie2. Lors de ces matchs, le mineur aura été invité 21 fois à parier : on est dans la banalisation totale de la pratique du pari, les enfants grandissent avec l’image que le pari est désirable, voire nécessaire quand on souhaite vraiment soutenir son équipe.

 

Le whistle to whistle ban : une mesure qui doit intégrer toutes les facettes du marketing 

Au regard de ce matraquage publicitaire face auquel les jeunes, et leurs parents, n’ont pas leur mot à dire, le whistle to whistle ban constitue une véritable exigence pour protéger des risques d’addictions. Pour être vraiment efficace, cette mesure doit être prolongée, au moins, d’une heure pour couvrir les émissions qui précèdent ou suivent les rencontres sportives qui font de facto partie de l’univers de la compétition. Elle doit aussi intégrer tous les formats que les opérateurs de jeux peuvent investir pour faire la promotion de leur marque, particulièrement le parrainage, et s’appliquer aussi aux plateformes en ligne telles que YouTube, Amazon Prime ou Twich.  

En effet, le whistle to whistle ban ne doit pas uniquement concerner ce que le business de la publicité appelle les écrans publicitaires3. Il s’agit d’un système de séparation qui a été introduit avec l’objectif d’aider le téléspectateur à distinguer les contenus publicitaires du reste de la programmation. Or, aujourd’hui à la télévision, on voit autant des publicités classiques que des spots et autres messages/visuels mettant en avant le sponsoring de tel ou tel opérateur. Le parrainage des retransmissions de rencontres sportives et des émissions sportives qui s’y rapportent représente ainsi un levier supplémentaire de pression publicitaire pour les opérateurs de jeux.  

Par exemple, pendant la Coupe du monde où la transmission du match est parrainée par Betclic, on peut voir le logo de l’opérateur (mis en scène sous forme de clip vidéo) au début de l’émission, au début de la première interruption pour la mi-temps, à la fin de cette même interruption et à la fin du match. Résultat : au moins 4 occasions de promouvoir la marque et pour imprimer le logo dans la mémoire des téléspectateurs. De même, les émissions qui précèdent ou suivent les matchs sont parrainées par Winamax et Betclic. On entend ainsi les phrases suivantes : « Votre journal avec Betclic » ou encore « Winamax, invite à regarder l’émission XX » ou encore, « Betclic le partenaire officiel de la transmission de la Coupe du monde sur M6 ».

 

Des parents déjà inquiets face à des législateurs ni suivent pas leurs préoccupations  

« Pendant cette Coupe du Monde, des millions d’enfants regardent les matchs avec leurs parents. Mais ils ne regardent pas seulement du football. Ils voient aussi, à longueur de journée, des publicités pour les paris sportifs : pendant les mi-temps, sur les panneaux autour des terrains, sur les maillots, tout le long de leurs trajets dans les transports, à la radio, sur les réseaux sociaux... » a ainsi rapporté un père de famille à Addictions France. Pour lui, il n’est pas normal que son enfant de 5 ans connaisse par cœur le slogan de Winamax et qu’il cite tous les noms des opérateurs et les équipes qu’ils sponsorisent.  

Alors que d’autres pays comme le Royaume-Uni, l’Espagne, la Belgique ou encore l’Australie ont déjà adopté des législations plus protectrices, Addictions France appelle le Gouvernement et les parlementaires à prendre leurs responsabilités. Outre un whistle to whistle ban exhaustif qui est un premier pas, il est urgent de proposer un cadre véritablement protecteur qui soit cohérent avec la réalité du marché de la publicité. A cet égard, la proposition de loi du député Emmanuel Duplessy constitue aujourd’hui le texte législatif le plus complet et on espère qu’il sera rapidement inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée.

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