À Toulouse, le Musée des Arts Précieux Paul-Dupuy accueille jusqu’au 26 septembre 2026 « Ivresse », une exposition singulière qui explore notre rapport à l’alcool à travers le temps. À partir d’une sélection d’une cinquantaine d’œuvres choisies, estampes, affiches publicitaires, tableaux et vidéos issus d’un fonds de près de 700 documents, un parcours immersif met en lumière les représentations multiples, parfois contradictoires, de l’ivresse. 

 

Boire : euphorie, plaisir festif et imaginaire collectif 

L’exposition « Ivresse » s’ouvre sur une vision familière et séduisante de l’alcool. Associée à la fête, au plaisir et à une certaine idée du raffinement, l’ivresse est longtemps célébrée dans les arts. Elle renvoie aussi à un imaginaire mythologique puissant : celui de Bacchus et de Dionysos, deux figures mythologiques incarnant l’exaltation, la liberté et le lien au divin. Boire apparaît ainsi comme un geste social et rituel, présent dans les célébrations religieuses comme dans les moments festifs. La publicité, notamment à partir du XXe siècle, contribue à renforcer cette image glamour et conviviale, façonnant durablement notre perception collective du produit. 

La scénographie immersive de l’exposition illustre parfaitement cette dimension : la reconstitution d’un bar Belle Époque, « Chez Monsieur Paul », plonge les visiteurs dans un univers chaleureux où verres, bouteilles et objets d’époque racontent une certaine culture du « boire ». 

 

                                                               © Lionel BONAVENTURE / AFP

  

Déboires : quand l’ivresse bascule 

En miroir, la seconde partie du parcours, intitulée « Déboires », dévoile une tout autre réalité. À partir du XIXe siècle, avec l’essor des alcools industriels et l’augmentation de la consommation, le regard change. L’ivresse devient progressivement un sujet de préoccupation morale, médicale et sociale. 

Les œuvres présentées témoignent de cette évolution et de la conscience sanitaire de plus en plus forte : caricatures dénonçant les excès, affiches de prévention, documents liés aux premières politiques de lutte contre l’alcoolisme. Le XXe siècle marque bien un tournant avec l’émergence de la santé publique et de la réglementation, jusqu’à des dispositifs majeurs comme la loi Evin en 1991 en France. 

 

Une relation à l’alcool profondément ambivalente 

Cette tension entre valorisation sociale et mise en garde sanitaires reste aujourd’hui très actuelle. La France entretient une relation complexe et ambivalente à l’alcool : profondément ancré dans la culture gastronomique et sociale, il est aussi au cœur d’enjeux de santé publique. 

C’est dans ce cadre qu’Addictions France, partenaire de l’exposition est intervenue lors de l’inauguration le 17 avril 2026 en tenant un stand interactif de prévention. 

À travers un questionnaire « Vrai ou Faux », les équipes de Haute-Garonne ont invité les visiteurs à questionner leurs connaissances et à déconstruire certaines idées reçues autour de l’alcool. Ce format a permis d’engager facilement le dialogue, et d’aborder l’alcool non seulement comme un objet culturel, mais aussi comme un enjeu de santé publique. 

Cette démarche s’inscrit dans l’Histoire de l’association, qui fut créée au XIXe siècle, à une époque où les premières préoccupations liées à l’alcool émergeaient déjà dans le débat public. Depuis plus d’un siècle, Addictions France adapte ses actions aux évolutions des usages, en articulant prévention, accompagnement, soin et réduction des risques. En faisant le lien entre les représentations culturelles présentées dans l’exposition et les réalités contemporaines, cette intervention illustre l’importance de croiser les approches pour mieux comprendre les usages et renforcer les actions de santé publique. 

 

Jusqu’au 29 septembre, de 10 h à 18 h, fermé les mercredis et jeudis, au musée Paul-Dupuy (13, rue de la Pleau) à Toulouse 

 

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