Addictions aux écrans : qu'en sait-on ?

Les addictions aux jeux de hasard et d’argent et aux jeux vidéo sont les seuls troubles comportementaux reconnus dans la classification internationale des addictions. Cependant, d’autres formes d’addictions comportementales sont aujourd’hui étudiées, notamment l’usage problématique des écrans ou addiction aux écrans. Ce sujet préoccupe de plus en plus, notamment en raison d’une exposition précoce et intensive des jeunes, qu’elle soit liée auxcontenus numériques ou à l’usage d’appareils(smartphone, tablette, télévision, ordinateur).

Quels sont les risques et qui est concerné ?

Un usage intensif des écrans peut entraîner une perte de contrôle et provoquer des dommages variés :

Sur le plan physique

Il peut affecter le sommer, provoquer un syndrome métabolique, une fatigue oculaire ou encore contribuer à la sédentarité et à la prise de poids.

Sur le plan psychologique

Cela se traduit par une irritabilité, des symptômes de manque et parfois des pathologies liées à la privation. Enfin, cela impacte  les relations sociales, favorisant l’isolement et les conflits, notamment familiaux et scolaires..

Les enquêtes les plus récentes (2024–2025), basées sur des baromètres représentatifs, estiment que les Français passent en moyenne environ 4 heures par jour devant des écrans.

Certains publics sont particulièrement vulnérables à l’usage intensif des écrans. Les jeunes sont en première ligne : leur quotidien s’organise désormais autour du numérique et leur cerveau, en maturation jusqu’à 25 ans, est particulièrement sensible aux mécanismes de récompense liés aux écrans. Les personnes souffrant de troubles psychiatriques, qu’il s’agisse de troubles anxieux, dépressifs, bipolaires ou psychotiques, sont également plus exposées. L’essor de l’intelligence artificielle conversationnelle comme les chatbots renforce cette vulnérabilité en exposant ces personnes à des contenus ciblés par des algorithmes, un phénomène que certains chercheurs désignent par le terme de « psychofantaisie ».

Des signes qui doivent alerter

Plusieurs indicateurs peuvent révéler un usage problématique des écrans. Chez les adolescents, l’isolement, le temps excessif passé dans sa chambre, la baisse des performances scolaires ou les modifications des relations sociales doivent attirer l’attention. Lorsque la relation virtuelle prend le pas sur les interactions réelles, qu’elle devient la principale source de socialisation, on retrouve les caractéristiques propres à toute addiction.

 

Les conséquences sont multiples : 

  • le sommeil est souvent perturbé, tant par la durée réduite que par la qualité altérée à cause de la lumière bleue.
  • la santé physique est affectée, avec des risques de syndrome métabolique, de prise de poids, de sédentarité et d’atteintes oculaires comme la myopie.
  • sur le plan mental, l’addiction aux écrans entraîne une diminution de l’attention et de la concentration, l’apparition de troubles anxieux et un sentiment de mal-être, renforcé par la confusion liée aux informations divergentes.
  • Enfin, l’intensité de la connexion numérique peut fragiliser l’estime de soi et l’empathie, diminuer la confiance en soi et rendre plus vulnérable au harcèlement, avec des répercussions directes sur la vie quotidienne.

 

Recommandations pour un usage équilibré des écrans

L’intrusion permanente des technologies dans le quotidien nécessite un accompagnement réfléchi et constructif.

L’éducation aux médias numériques, que ce soit à l’école ou dans le cadre associatif, est essentielle pour développer les compétences psychosociales et prévenir les mésusages.

La parentalité joue également un rôle clé : les comportements des parents vis-à-vis des écrans influencent directement ceux de leurs enfants. Maintenir des moments sans écrans, en famille, permet de créer d’autres espaces de socialisation et de découvrir des activités culturelles variées. S’intéresser aux contenus consommés par les enfants, en discuter et les commenter, favorise le dialogue et facilite la mise en place de limites.

La régulation du temps passé devant les écrans doit être progressive et adaptée à l’âge de l’enfant. Voici les principaux repères proposés par Serge Tisseron:

  • Avant 3 ans : éviter au maximum l’exposition aux écrans.
  • De 3 à 6 ans : fixer des règles claires sur les temps d’écran. Les appareils doivent rester dans le salon, jamais dans la chambre. Interdire les écrans pendant les repas et avant le coucher. Ne pas utiliser les écrans pour calmer l’enfant. Favoriser le jeu collectif plutôt que le jeu solitaire.
  • De 6 à 9 ans : continuer à fixer des règles sur le temps d’écran et discuter avec l’enfant de ce qu’il voit et fait. Paramétrer les consoles et appareils. Aborder le droit à l’image, la confidentialité et les trois principes d’Internet: tout ce que l’on met en ligne peut devenir public, tout y reste éternellement, et il ne faut pas croire tout ce que l’on trouve.
  • De 9 à 12 ans : déterminer avec l’enfant l’âge d’accès au téléphone mobile et encadrer l’usage d’Internet. Définir avec lui le temps consacré aux différents écrans et continuer les échanges sur les contenus et leurs usages.
  • 11 ans : âge minimum recommandé pour l’introduction d’un téléphone portable avec un usage encadré.
  • Après 12 ans : l’enfant navigue seul sur Internet, mais avec des horaires et règles définis. Discuter ensemble de téléchargement, plagiat, pornographie et harcèlement. La nuit, couper le Wi-Fi et éteindre les téléphones. Encadrer les relations sur les réseaux sociaux.

 

Pour les jeux vidéo, il est également important de respecter les limites d’âge recommandées par les éditeurs et de maintenir un dialogue sur le contenu et la durée de jeu.