Depuis plusieurs années, Addictions France alerte sur la banalisation de certains produits particulièrement attractifs pour les adolescents et les jeunes adultes. Les constats établis par les rapporteurs rejoignent largement les préoccupations portées par l’association : exposition massive aux contenus promotionnels sur les réseaux sociaux, insuffisance des contrôles de vente d’alcool aux mineurs, attractivité des boissons fortement sucrées ou fortement alcoolisées, et risques sanitaires liés à la consommation combinée d’alcool et de boissons énergisantes.
Des recommandations à la hauteur des enjeux
Addictions France salue tout particulièrement les propositions visant à :
- Renforcer les contrôles de l’interdiction de vente d’alcool aux mineurs par la généralisation des achats tests, et à durcir les sanctions en cas de non-respect ;
- Interdire la publicité pour l’alcool sur internet et les réseaux sociaux ;
- Etendre la taxe prémix à toutes les boissons « prêtes à boire » présentant un titre alcoométrique volumique supérieur à 12 % vol. ;
- Améliorer l’information sanitaire sur les produits alcoolisés.
Ces recommandations constituent des mesures concrètes et cohérentes avec les objectifs de prévention et de réduction des risques poursuivis depuis de nombreuses années par les acteurs de santé publique.
Quant les alertes d’Addictions France se vérifient dans les faits
Ce rapport et ces recommandations s’appuie largement sur des données et observations réalisées par Addictions France. Les travaux de l’association ont notamment permis de documenter l’ampleur de l’exposition des jeunes à la publicité sur les réseaux sociaux (rapports 2024 et 2025), ainsi que les défaillances persistantes dans l’application de l’interdiction de vente aux mineurs.
Les opérations d’achats tests menées par Addictions France, dont les résultats sont disponibles dans un rapport de 2025, montrent en effet que l’interdiction de vente d’alcool aux mineurs demeure trop souvent contournée. Ces résultats confirment la nécessité de contrôles réguliers et systématiques, désormais reprise par les rapporteurs parmi les principales recommandations.
Le rapport met également en lumière les stratégies commerciales visant à attirer les jeunes consommateurs grâce à de nouveaux produits, en l’occurrence des boissons vendues en cannette très fortement dosées, de type « Vody ». Addictions France avait dénoncé l’exploitation d’un angle mort du régime fiscal pour proposer ces boissons à un prix très bas (moins de 3€ pour une cannette contenant 4 unités d’alcool).
Un an plus tard, le rapport confirme ce qu’Addictions France prédisait l’an dernier : les industriels ont mis en place une stratégie de contournement pour échapper à la taxe créée l’an dernier par les parlementaires1. Les rapporteurs soulignent dès lors la nécessité de revoir la fiscalité de ces produits. Cette reconnaissance constitue un signal fort : les enjeux que nous avions identifiés n’étaient pas anecdotiques mais relèvent bien d’un problème structurel de santé publique.
Transformer les constats en décisions
La publication de ce rapport constitue une étape importante. L’enjeu est désormais de traduire ces recommandations en mesures effectives afin de mieux protéger les jeunes des stratégies marketing qui favorisent des consommations précoces et à risque.
Addictions France appelle les pouvoirs publics à donner une suite concrète à ces propositions, notamment dans le cadre du plan alcool ciblé sur les jeunes, annoncée par la ministre de la Santé Stéphanie Rist en novembre 2025. La protection de la jeunesse, la prévention des conduites addictives et la réduction des dommages liés à l’alcool exigent des réponses fortes, fondées sur les données scientifiques et l’intérêt général.