Coupe du monde 2026 : une compétition ultra saturée par les paris sportifs
Le 17 septembre 2026, Addictions France publie les résultats de son observatoire des pratiques marketing des paris sportifs durant la Coupe du monde. L’association dénonce le matraquage publicitaire auquel a donné lieu cette compétition et appelle à un encadrement beaucoup plus strict des pratiques marketing.
Des publicités pour les paris sportifs omniprésentes
Un an après avoir alerté sur les dangers de la publicité pour les paris sportifs, Addictions France continue son travail de surveillance des pratiques marketing. Le constat après la Coupe du monde est sans appel : rien n’a changé. Pire, la plus grande compétition sportive mondiale s’est transformée en terrain de jeu pour les opérateurs de paris. Résultat : le montant des mises s’est élevé à 1,3 milliards d’euros, soit le double par rapport au Mondial de 2022. Pourtant les paris sportifs constituent un réel risque sanitaire. 63% du produit brut des jeux des paris sportifs provient de joueurs problématiques.
Addictions France relève dans son rapport que les campagnes de communication des opérateurs de paris ont investi tous les canaux de diffusion. Télévision, espace public, réseaux sociaux … Un jour de match de l’équipe de France, l’association a dénombré :
- 9 publicités en moyenne en l’espace d’un match sur la chaîne M6 ;
- Jusqu’à 46 publications émanant d’opérateurs sur les réseaux sociaux ;
- 1 publicité toutes les 2 minutes dans les transports en commun sur un trajet entre la Seine-Saint-Denis et Paris.
Une des bénévoles de l’association ayant participé aux observations témoigne :
« Je n’imaginais pas à quel point les publicités pour les paris sportifs étaient omniprésentes pendant les matchs, y compris sur des créneaux « tout public ». Je savais que cela existait, mais l’ampleur m’a complètement choquée. (…) À la fin de la Coupe du monde, je reconnaissais toutes les marques, leurs slogans, et pouvais presque anticiper les publicités. C’est inquiétant pour les nouvelles générations, qui risquent de ne plus connaître cet amour désintéressé du sport. » Viviana 31 ans
Sur les réseaux sociaux, 70% des contenus sont illégaux
Addictions France dénonce le non-respect généralisé des règles encadrant la publicité des paris sportifs. Sur les réseaux sociaux des opérateurs de paris et d’influenceurs, les résultats des observations sont sans appel :
- 70% des contenus postés par les opérateurs ne respectaient pas le cadre réglementaire ou les lignes directrices de l’ANJ ;
- Ce chiffre monte à 92% pour les contenus traitant des paris postés par des influenceurs.
Parmi ces contenus, un tiers étaient susceptibles de plaire aux mineurs. Le rapport Carton rouge – Le marketing agressif des paris sportifs avait déjà dénoncé le ciblage des jeunes dans la publicité pour les paris sportifs. Cette nouvelle phase d’observation confirme à nouveau qu’ils constituent une cible privilégiée.
Addictions France appelle à un cadre réglementaire beaucoup plus stricte
Malgré les manquements répétés, notamment sur les réseaux sociaux, aucune sanction n’a été prise. Addictions France s’inquiète de la manière dont les opérateurs de jeux imposent la pratique du pari dans les grandes compétitions. Nicolas, 33 ans, bénévole à Addictions France ayant participé aux observations note :
« En annotant les publicités pendant les matchs, j’ai été frappé par la quantité et surtout l’omniprésence des pubs pour les paris sportifs. Avant, ils étaient associés au PMU, mais aujourd’hui ils sont présentés comme une activité presque incontournable du match. On ne s’en rend pas forcément compte, mais ces messages s’installent peu à peu, notamment lors de moments de fête. J’espère que ces observations contribueront à faire évoluer la régulation et à mieux protéger les spectateurs. »
L’association demande une nouvelle fois à ce que le marketing autour des paris sportifs soit beaucoup plus strictement encadré. Une proposition de loi, déposée par le député Emmanuel Duplessy en juin dernier est restée dans les tiroirs. L’association appelle les parlementaires à l’inscrire à l’ordre du jour sans délai.