Un spot de prévention d’Addictions France refusé par les régies publicitaires

À l’approche du premier match des Bleus, les opérateurs de paris sportifs saturent l’espace publicitaire. Dans le même temps, les messages de prévention ne trouvent aucun écho sur les antennes. Addictions France dénonce le refus des antennes de diffuser son spot de prévention, alors même qu’il a été validé par l’ARPP, comme le révélait France Inter vendredi dernier, à l’exception de Trace TV. Le film met en lumière les mécanismes qui incitent à parier et maintiennent les joueurs dans des usages excessifs au risque de développer des addictions. Ce refus intervient dans un contexte où les acteurs du secteur bénéficient d’une exposition exceptionnelle et que la campagne “Parier ce n’est pas rien” de Santé publique France ne sera pas diffusée à la télévision.

Ce déséquilibre révèle une réalité préoccupante : les messages qui encouragent à parier circulent massivement, tandis que ceux qui alertent sur les risques restent marginaux alors même que les grands événements sportifs constituent des périodes particulièrement propices à l’entrée dans les pratiques de jeu et au développement de comportements à risque.

 

Les opérateurs minimisent l’ampleur du phénomène d’addiction

Addictions France met également en cause le discours des opérateurs de jeux en ligne concernant la réalité des joueurs en difficulté. Si ces derniers ont récemment affirmé renforcer leurs dispositifs de détection pour « exclure les joueurs excessifs identifiés de leurs communications commerciales », leurs chiffres sont très éloignés de ceux de l’ANJ.

L’Autorité nationale des jeux estime en effet le nombre de joueurs excessifs à environ 600 000, tandis que les opérateurs déclarent en identifier moins de 100 000. Un écart considérable qui soulève des questions sur la fiabilité et la transparence des outils de détection utilisés, d’autant que les joueurs à risque modéré ou excessif seraient à l’origine de près de 60 % des revenus du secteur.

Pour l’association, cette sous-estimation structurelle contribue à minimiser l’ampleur du phénomène d’addiction et retarde la prise en charge des personnes concernées.

 

Remettre la santé publique au cœur du débat

Face à cette situation, Addictions France appelle depuis des années à prendre des mesures pour réguler la publicité sur les paris sportifs.   

Concrètement Addictions France demande à :

  • Limiter les supports autorisés 
  • Interdire toute publicité à proximité des établissements scolaires 
  • Fixer un quota maximal d’affichage dans les transports en commun
  • Interdire le parrainage d’équipes, de personnalités publiques et de stade par les opérateurs de jeux d’argent
  • Interdire la publicité pour les paris sportifs à la télévision et sur les réseaux sociaux 
  • Interdire les offres de gratification financière
  • Interdire aux opérateurs de mener leurs propres campagnes de prévention 
  • Instaurer des sanctions pénales dissuasives 
  • Habiliter les associations de lutte contre les addictions à poursuivre en justice les entreprises ne respectant pas la réglementation 
  • Etendre la taxe sur la publicité aux dépenses de sponsoring des acteurs des paris sportifs 

L’association appelle aujourd’hui le Gouvernement et l’ensemble des députés à agir dans les meilleurs délais pour protéger la santé des populations. Notamment, la proposition de loi portée par le député Emmanuel Duplessy pour renforcer la régulation du marketing des paris sportifs doit être inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée et adoptée.

 

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À propos d’Addictions France :

Reconnue d’utilité publique et agréée d’éducation populaire, Association Addictions France est un acteur majeur et historique de la santé publique fondé en 1872 par Louis Pasteur et Claude Bernard. L’association agit au plus près des populations et intervient sur toutes les addictions (tabac, alcool, cannabis, médicaments psychotropes, pratiques de jeux excessives, drogues illicites et autres addictions sans substance). Elle est également force de proposition pour faire évoluer les opinions et contribuer à la mise en place d’une politique cohérente sur les addictions.

Contacts presse :

Noémie SOULA – presse@addictions-france – 06 82 72 78 67